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Et aussi

techyou+tmp+mobileMétro, boulot, dodo. Un brin exténuant mais heureusement, on peut profiter de la TNT sur son mobile pour passer le temps dans les transports. C’est pratique et ça fonctionne partout, même sous terre. Un grand merci aux opérateurs et aux fabricants de produits nomades. DRIIIING ! Sortie du rêve, retour à la réalité et à une France qui tourne en rond depuis 5 ans pour la mise en place d’un service déployé depuis belle lurette aux États-Unis, en Corée ou au Japon (entre autres). Ce service, c’est la Télévision mobile personnelle ou TMP, une variation mobile et légère et notre TNT. Adoptée par le gouvernement et lancée depuis 2006 en test, la TMP n’a toujours pas vu officiellement le jour.

Pourtant, chaînes et technologie ont déjà été choisies depuis le mois de mai 2008. Ainsi retrouverait-on, un jour, sur nos mobiles ou baladeurs nomades compatibles les 16 canaux suivants : TF1, France2, France3, France5/Arte, Canal+ (en clair), M6, Direct8, W9, NT1, NRJ12, BFM TV, i-Télé, Virgin17 (bientôt renommé Direct17), Eurosport, Orange Sports TV et enfin EuropeCorp (la maison de production de Luc Besson). Quant à la technologie, les pouvoirs public, avec consultation des opérateurs, ont décrété l’emploi du DVB-H depuis septembre 2007, dérivé de la technologie DVB-T qui se cache derrière la TNT/TNT HD. côté constructeurs, la TMP étant effective dans plusieurs pays, les produits sont près et ne demandent qu’un petit tour de clé pour être compatibles DVB-H. Tout a l’air rose, donc, au pays de la TMP. Alors, qu’est-ce qui cloche au juste ?

C’est pas moi, c’est lui

techyou+tmp+lgLa Télévision mobile personnelle, c’est un peu la patate chaude de la hi-tech, avec sa bonne collègue la radio numérique. Par ailleurs, on peut remarquer avec un amusement certain les efforts consentis par le gouvernement pour accélérer le passage à la télévision numérique global avec la coupure progressive du signal analogique dans toute la France d’ici à novembre 2011 au plus tard. coupure devant dégager des canaux et fréquences pour… la TMP et la radio numérique. Pour l’une comme pour l’autre, c’est avant tout une histoire d’infrastructure, car la TMP requiert l’installation de nouvelles stations d’émission.

Or, d’un côté le CSA tente de valider une offre gratuite ou à palier (en fonction des chaînes) et une prise en charge des installations par les opérateurs et de l’autre, SFR, Orange et Bouygues Telecom, déjà bien empêtrés dans le financement non finalisé des relais 3G/3G+. Des coûts supplémentaires trop lourds à supporter, d’après les opérateurs, associés à une position ferme de chacun des partis ont aboutis en février à une rupture des négociations entre opérateurs et CSA. Et alors que tout le monde pensait que Free, qui débarque sur le marché mobile l’année prochaine, jouerait une fois de plus les trublions, l’opérateur a annoncé ne pas faire de la TMP une priorité. Revoilà donc la TMP dans une situation inextricable, à moins qu’un autre opérateur ne vienne bousculer la donne.

Virgin Mobile, le sauveur inespéré ?

techyou+tmp+motorolaEnterrée aux côtés des dossiers qui piquent trop quand on les touche, la TMP est pourtant exhumée en avril dernier par Virgin Mobile, via sa holding Omer Telecom (également détentrice des licences Breizh Mobile ou Casino Mobile). En partenariat avec TDF, sommité des installateurs de réseaux de télécommunication, qui se chargerait du déploiement total de la TMP, Virgin s’assurerait l’exclusivité de l’offre TMP pendant plusieurs mois. La période de lancement communiquée par les deux partenaires est le second semestre 2011 avec un taux de couverture de 50 % du territoire (quand le CSA impose dans les textes 30 % de couverture au premier jour d’activité).

Et les opérateurs historiques dans tout ça ? On peut sans mal imaginer que ces derniers profiteront volontiers des installations lorsque l’exclusivité de Virgin Mobile sera expirée. Une filouterie qui aurait au moins l’avantage de proposer une offre plus concurrentielle. Mais derrière ces nouvelles fort encourageante, il y a encore un bémol, l’obligation de validation du projet TDF/Omer Telecom par le CSA et surtout des chaînes sélectionnées à l’unanimité. Quand on connait la propension de tous ces acteurs à trouver des problèmes là où il n’y en a pas, on peut encore s’attendre à ce que la TMP connaisse quelques difficultés.

Qualcomm MediaFlo, l’exemple parfait

techyou+tmp+flotvEmbusquée, scrutant les batailles de bac à sable des acteurs pour le moment engagés dans l’aventure (cauchemar ?) TMP, l’américain Qualcomm pourrait bien accélérer le mouvement. Le fabricant de puces, déjà bien implanté dans le monde mobile puisque fournisseur préférentiel de solutions 3G pour les opérateurs ou de composants puissants pour mobiles, est bien placé sur le secteur de la TV mobile puisque pourvoyeur d’une offre, baptisée MediaFlo, Outre-Atlantique, au succès grandissant. Sur les 280 millions d’habitants que comptent les USA, Qualcomm, via des produits dédié à FloTV conçus en partenariat avec HTC, peut fournir un service TMP à 208 millions d’entre eux, soit la majeure partie du territoire. Une belle performance en moins de deux ans. Là-bas, comme en Europe, c’est bien le hertzien qui a été retenu et qui est usité pour transmettre les programmes TV. Tous sont encodés en H.264, qui assure une qualité appréciable sans pour autant engorger le réseau hertzien.

Et avec le vide temporaire laissé par les précurseurs du projet en Europe, les têtes pensantes de chez Qualcomm se disent qu’il est temps de jouer des coudes. Problème (ou pas), l’offre MediaFlo/FloTV est payante, l’équivalent de 12 euros par mois en moyenne. Cela change de la quasi-gratuité souhaitée par le CSA, mais si un appel d’offre était lancé demain pour mettre un terme aux tergiversations, on voit mal qui pourrait faire de l’ombre au fondeur américain. Ce dernier assure même que les utilisateurs passe en moyenne une demie-heure devant leur poste mobile par jour. De quoi renforcer un dossier déjà bien costaud.

Gageons que si Qualcomm concrétise son projet d’implantation et que l’offre d’Omer Telecom prend dans l’hexagone, tout le gros monde numérique hésitant deviendra subitement friand de mettre en place au plus vite des offres concurrentielles. A noter qu’il reste une autre inconnue : quid de la redevance sur ce type de diffuseur ? Pendant ce temps, la France prend toujours plus de retard…

Romain Thuret