Lancée le 12 mai 2010, soit deux semaines avant l’iPad, la JooJoo débarque en test dans Tech’You. Une dalle tactile de 12,1 pouces, du WiFi, un système d’exploitation dédié et un look travaillé sont au menu. Alors, cette JooJoo, que vaut-elle ?
JooJoo : un bon concurrent de l’iPad ?
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Venue tout droit de Singapour et des usines de Fusion Garage, la tablette tactile JooJoo doit composer avec un concurrent massif dans son sillage (chronologiquement) : l’iPad. Le positionnement de la tablette neo-asiatique est clair : une fenêtre tactile sur le web, tout le web, avec un environnement, tiré de Linux, adapté pour une navigation au doigt, 4 Go de capacité de stockage, une webcam et pas de lecteur SD. Le tout sous le contrôle d’un écran tactile haute résolution (1366 x 768 pixels) de plus de 12 pouces, soit environ 30 cm de diagonale ! A titre de comparaison, la tablette d’Apple affiche une résolution de 1024 x 768 pixels sur un écran de 9,7 pouces (diagonale de 24,6 cm).

Le produit se procure aujourd’hui uniquement via le site JooJoo. Aux 359 euros que demande Fusion Garage, il faut ajouter 20 euros de frais de port et une surprise du chef la plupart du temps, à savoir 92 euros de frais de douane. Soit la bête dans vos mains pour 471 euros. Dans tous les cas, voici le verdict.
Ergonomie et prise en main
Visuellement plutôt bien faite, la JooJoo perd de sa superbe au toucher. Le plastique doré imitant l’aluminium ne sera jamais de l’aluminium. Côté proportions, la tablette atteint voire dépasse clairement les limites du supportable en utilisation longue ou même modérée.
La prise en main est instinctive, on place ses deux mains de part et d’autre de la dalle sur sa longueur. En position verticale, la JooJoo se pose naturellement sur le ventre ou les cuisses, sur la tranche. Les bords non tactiles sont plus larges que sur iPad (entre 2,5 et 3,5 cm, selon la position), on peut donc poser ses doigts sans craindre de toucher l’écran par inadvertance. L’écran est une dalle brillante, comme chez Apple. Attention aux reflets !
Par ailleurs, le type de dalle utilisé, appelé TN, ne permet pas de grands angles de vision verticaux (ou horizontaux, selon l’orientation). L’affichage tourne au négatif ou noir très bouché à partir de 45°.
Le poids devient (très) vite problématique. Car la JooJoo, c’est 1,1 Kg à la balance, soit le poids d’un MacBook Air ou d’un ordinateur ultra portable à tenir à bout de bras. Il existe un support (vendu 29,99 euros). À l’usage, la fatigue se ressent vite. Surtout lorsqu’il faut lâcher l’un des bords pour naviguer avec le doigt. Ah oui, la tablette chauffe, et pas qu’un tout petit peu, surtout à l’endroit de la batterie, sous la main gauche.
On trouve une webcam qui n’est activable que pour la visioconférence sur des plates-formes spécifiques. Quant au port USB, il est pour l’instant désactivé et ne sert strictement à rien (sauf à connecter une souris ou un clavier filaire…)
Interface et navigation
Qui dit base Linux, pense forcément légèreté d’utilisation. La JooJoo se devait apparemment de tordre le cou à la règle. L’interface développée spécialement pour la tablette est composée à partir du libre pingouin, mais force est de constater que le processeur Intel Atom cadencé à 1,6 Ghz et le chipset graphique Ion de Nvidia rament sévère pour faire tourner le tout. L’interface fonctionne en perpétuelle lenteur. Sur l’écran d’accueil sont affichées une vingtaine d’icônes qui sont autant de liens vers les sites Facebook, Twitter, CNN, WordPress, Gmail, The Weather Channel, Yahoo! ou encore BBC News, FlickR et YouTube.
On peut toutes les afficher ou sélectionner des angles d’approche (réseaux sociaux, news, pro, divertissement). Un mouvement du doigt vers la gauche ou la droite vous emmène respectivement à la page des bookmarks (pages web enregistrées) ou au calendrier doté d’un historique de navigation. Graphiquement, ces pages forment une belle démonstration d’adaptation aux usages tactiles sur une tablette. À pratiquer, c’est autre chose. Que ce soit pour changer de page ou faire défiler les icônes, l’interface accroche continuellement.
Petite subtilité JooJoo-tesque : lorsque la tablette est en charge (ce qui arrive souvent, nous le verrons plus loin), neuf fois sur dix, l’écran tactile ne répond plus. Seule la rotation de l’écran répond encore.
Clavier et saisie
Uniquement QWERTY (une mise à jour apportera, si nécessaire selon Fusion Garage, une version AZERTY), le clavier tactile apparaît sur commande depuis la barre JooJoo ou lorsque l’on entre dans une fenêtre de saisie. Les sensations sont presque les mêmes que pour l’iPad en mode paysage. Le clavier est large, l’espacement entre les lettres agréable et l’écran est très réactif quand la tablette le lui permet. Le clavier peut être baladé sur toute la surface de la dalle.
Malheureusement, on est encore obligés de se servir d’un clavier incomplet, segmenté en lettres ou chiffres ou symboles. Oubliez aussi les accents pour le moment. En position verticale, le clavier s’amincit de moitié. La saisie en devient beaucoup moins intuitive.
Usages
Uniquement dédiée au web, la JooJoo dispose d’autant d’usages, théoriquement, que le permet la Toile. Son côté monomaniaque de l’Internet la rend du même coup extrêmement dépendante de sa connexion WiFi. Il y a bien une puce 3G dans les entrailles, mais elle ne sert à rien pour le moment.
Multimédia
YouTube, deux milliards de vidéos diffusées tous les jours, optimisées pour l’occasion, est le cheval de bataille de la tablette. Chaque vidéo voit le logo YouTube précédé d’un logo JooJoo. Il suffit alors d’appuyer sur la vidéo, d’attendre un petit chargement tampon (plutôt rapide, même en qualité HQ) et la vidéo s’affiche sur la totalité de la dalle 12,1 pouces, avec une bonne extrapolation. Quelques vidéos seulement soutiennent le 4:3.
Dommage que la compatibilité n’ait pas été poussée sur d’autres sites, comme Dailymotion, qui galère un peu pour charger une vidéo similaire (SD comme HD). Pas de lecture DivX ou autre, on ne peut pas charger de fichiers dans la tablette. Côté streaming, c’est un peu la loterie. Et on perd souvent…
La musique ? Il suffit de retrouver son site préféré d’écoute musicale, comme Deezer et de lancer la lecture. Vidéo comme audio, le contenu multimédia peut tourner en tâche de fond.

Livre électronique & Jeux
Pas de liseuse interne, il faut se contenter de ce que l’on trouve en lecture en ligne en œuvre, BD ou manga (comme sur livrespourtous.com, par exemple). La lecture est agréable en mode portrait/vertical mais attention aux polices trop petites, l’écran ne permet pas le zoom.
Web only, c’est donc du côté des jeux Flash (le format est supporté !) que l’on doit se tourner pour jouer. Mais si tous les jeux Flash sont bien compatibles avec la JooJoo, le clavier tactile ne dispose pas de touches de direction (les flèches).
Il faut alors trouver le peu de jeux Flash ne requérant pas de touches de direction (pas simple) et préférer la position verticale de la JooJoo, le clavier prenant trop de place en paysage.
Internet
La navigation web by JooJoo est ultra rapide et affiche l’intégralité des modules d’un site. Ce sont ici que les 4 Go de mémoire jouent le rôle de tampon et permettent à la tablette de vite assimiler les infos mais aussi d’en digérer plusieurs en simultané. On peut donc ouvrir de nombreuses pages, les laisser actives sans pour autant sacrifier les performances de la navigation et passer de l’une à l’autre via un carrousel. Flash étant de la partie, il n’y a pas de restriction en navigation.
A noter l’importance de la barre JooJoo, que l’on fait apparaître par simple glisser du doigt vers le bas, n’importe où sur la tablette. Elle permet de revenir au menu, d’activer le clavier, de lancer le carrousel de navigation entre les pages web, contrôler le volume ou, en pressant l’espace vide au centre de la barre, entrer les adresses et recherches de sites web. On ne peut pas encore ajouter ses propres icônes, mais il existe un système de bookmark pour marquer certaines pages déjà visitées via le navigateur maison.
Solution professionnelle
Ici, ce sont les solutions de types Google Documents qu’il faut privilégier si l’on espère accomplir quelques tâches pro. Problème côté mails, si c’est à l’international, tant mieux, mais pour de l’échange en français, le clavier Qwerty pourrait vite vous faire passer pour un cancre. Et ne comptez pas sur la JooJoo (pour le moment ?) pour intégrer un système de saisie prédictive.
Applications
Comme le stipule assez bien le site officiel de la tablette : « JooJoo vous donne accès au plus grand AppStore qui existe, Internet ». C’est osé, on aime le trait d’esprit, mais nous sommes bien à l’heure du système à applications. La force et surtout l’avenir d’Apple ou de Google sont là. Lancer une tablette sans le moindre système applicatif mobile est pour nous une erreur stratégique.
Autonomie
La JooJoo met entre 2H15 et 2H30 pour se charger. C’est mieux que l’Autre tablette, qui approche les 3 heures de charge. Mails sur Gmail, un peu de YouTube, un soupçon de Facebook, des allers-retours dans l’OS. Une heure de « jeu » et déjà 60 % au compteur. On pose la bête quelques poignées de minutes. Constat au retour : 18 % supplémentaires ont été arrachés à la batterie. La tablette expire après 2H50, sans vraiment avoir été sollicitée.
Il faut dire que l’appareil ne se met pas en veille de lui-même après un laps de temps, même si l’écran s’éteint (c’est une feinte !) Il faut donc presser brièvement le bouton ON/OFF pour une véritable entrée en veille. Et là, on passe à environ 3H40 d’autonomie, toujours avec une utilisation très soft de la JooJoo. En utilisation continue, l’autonomie oscille entre 2h20 et 2h40, soit 6 heures de moins qu’un iPad.
Verdict
Trop grande pour être simple à utiliser, même lorsque l’on est posé dans son canapé, pas assez fiable pour tenir la route sur la longueur, la JooJoo a tout de l’erreur de casting. Impossible à utiliser hors ligne, son intérêt est plus que limité. Et que dire de l’autonomie, si ce n’est qu’il ne fallait pas s’attendre à beaucoup plus en engonçant un netbook dans une dalle tactile sur-dimensionnée. Fusion Garage réfléchit à l’usage à donner à son port USB, qui ne sert donc pour l’instant qu’à transformer la chose en poulpe (hub USB + clavier + souris) ou à remplacer, avec bonheur il paraît, l’interface par des OS connus. D’autant que si l’on fait le compte, les 471 euros demandés au total pour une JooJoo 4Go se rapprochent tout doucement des 499 euros de l’iPad 16 Go Wi-Fi. Inutile de faire la comparaison…
Romain Thuret
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13 Commentaires
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Enfin un article qui n’essaye pas de soutenir qu’un déchet technologique vaut mieux qu’un produit apple!
Bon boulot!
Merci pour ce test. Rien ne remplacera un produit APPLE sa c’est sur.
Par contre je trouve l’article mal tournée, mal écrit on dirais une traduction Google. ce n’est que mon avis
Interessant. Et combien vous paye apple, en passant ?
Ipad, toshiba, ou autre, encore le triomphe de l’inutile, du vain….
gadget stupides d’obsédés des nouvelles technologies.
M’enfin..
On a compris, c’est une me…
Ce qui est incroyable, c’est que comme pour l’iphone, on a toujours pas de concurrents sérieux capables de rivaliser avec les joujoux d’apple.
J’avais déjà acheté le HTC HD2, j’ai balançé cette erreur technologique contre un mur une semaine après l’avoir « essayé » ou supporté…:-)
Terriblement frustrant quand on est anti-mac, pas vraiment de produits concurrentiels en téléphonie lorsqu’on ne veut pas faire parti de la secte des poires,grrrr… Espérons qu’il n’en sera pas de même avec les tablettes.
PS pour Olivier : Si l’article passe pour une mauvaise traduction google, que dire de son commentaire truffé de fautes destiné à torturer l’orthographe.
en même temps, l’Ipad est déjà un concurrent car, ENCORE UNE FOIS, Apple n’a pas vraiment innové (ils sont doués pour le faire croire aux gens/moutons par contre) : ça fait des années que ça existe les tablettes mais comme ça n’avait pas franchement cartonné, eh bien Apple en profite pour faire croire qu’ils inventent quelque chose…Archos fait de très bonnes tablettes depuis 2 ans environ…ils en ont même sorti une qui tourne sous Windows 7 (donc on peut lire le Flash et mettre ce qu’on veut comme logiciel et pas uniquement ce que vend le constructeur…). C’est comme l’Ipod, des marques (dont Archos, encore lui) avaient déjà sorti des lecteurs MP3 très sympa…Mais le marketing « Mouton-powered » de Apple a fait le reste…
Amitiés
tout simplement j’ai une idee qui pourra detroner le Ipad surtout cote confort et mobilite, je trouve que ce Ipad n’est pas confortable, donc pas de succes point de vu marketing.
je l’ai essayé
+ c’est terriblement buggé et lent, vu le hardware il devrait songer a remplacer leur equipe de developement, c’est une honte, aucun paint n’est buffered correctement, on dirait MS Windows XP en pire.
+ il n’y a aucune SDK pour permettre d’ajouter des applications, aucun API pour des devices externes.
+ c’est tres chers en comparer a un ipad
former Senior Dev. ALP Platform, Palm, Inc, Sunnyvale, CA.
Un détail concernant Archos j’en ai eu deux et je suis toujours possesseur d’un archos 705 wifi 160 Go
alors premièrement l’appareil ne me sert qu’a décharger les cartes de mon appareil photo donc je m en sert tres peu
pourquoi?
système très tres lent… il faut acheter tout un tas de plug in dès que vous voulez faire quelque chose (genre regarder un film, aller sur internet…)
la fiabilité de l’appareil… l’ecran de qualité plus que moyenne est divisé en deux avec un contraste different …reponse du SAV ARCHOS plus d un an chacun sa m***
re
je deconseille donc TOTALEMENT l’achat de produits ARCHOS…..
Archos aimerait se frotter à APPLE mais ils ne sont qu’au niveau de la semelle de la pomme…