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Et aussi

techyou+ipad+introIl y a un peu plus d’un mois déjà, nous vous faisions part de nos premières impressions concernant l’iPad d’Apple. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, des tonnes d’applications ont déferlé dans la tablette et l’iPad est bien entendu sorti officiellement en France le 28 mai dernier. Interrogations, moqueries, espoirs, tout comme l’iPhone en son temps, la tablette tactile connectée d’Apple suscite des réactions variées. Mais donc, à l’arrivée, qu’en retire-t-on de cet iPad ? Un iPhone/iPod Touch géant ? Un remplaçant du netbook ? Un ordinateur simplifié ? Un support sauveur de la presse ? Un agrégateur de contenus et d’usages web ? Au final, on est tenté d’avancer que c’est bien l’utilisateur qui façonne ses propres réponses, en fonction des usages qu’il aura décidé d’avoir avec l’iPad.

Une chose est sûre, l’effet « Waow » a bien lieu lorsque l’on prend l’objet en main. Les premières secondes d’utilisation noient invariablement tout utilisateur dans la contemplation d’une dalle tactile ultra réactive et d’un écran qui fait éclater chaque couleur. Tout sceptique que j’étais à la réception de la tablette, je l’ai manipulée dans tous les sens depuis maintenant 6 semaines, en pensant dès le départ m’en séparer après quelques jours. Alors, ça donne quoi cet iPad ?

Facile la prise en main ? Peut mieux faire

techyou+ipad+etuiDéjà décontenancé lors de ma rapide prise en main, le sentiment étrange de ne jamais savoir vraiment comment tenir l’engin s’est quelque peu estompé, sans forcément disparaître. L’accessoire indispensable, c’est l’étui. Pas la pochette de rangement, non (vous pouvez en faire l’acquisition mais elle devient vite inutile), l’étui qui permet de protéger l’iPad, de renforcer la prise en main et surtout de pouvoir le poser. Les étuis d’Apple (malin), de Marware ou encore BrainWizz vont devenir vos meilleurs amis.

Personnellement, l’iPad ne quitte plus son fourreau multifonction. Il permet d’utiliser la tablette en saisie sur le clavier tactile ou de tenir l’iPad dans une position idéale pour travailler (voir plus loin) ou regarder un film dans le TGV. Essayez donc de tenir 680 grammes à la force des poignets pendant 1H… Au final, peut-être le point le plus gênant de mon utilisation aujourd’hui.

Un livre électronique ? Oui, mais pas longtemps.

Gros cheval de bataille d’Apple et Steve Jobs, le livre électronique doit prendre son envol grâce à l’iPad, apparemment. Il est vrai que la Pomme a mis en place une stratégie quasi équivalente à celle de la musique sur iTunes. Beaucoup de contenus, plusieurs éditeurs, un téléchargement facile et même des extraits pour chaque ouvrage (pratique avant d’acheter). Premier bémol, le manque d’uniformisation dans la boutique de livres. Les prix vont de moins de 10 euros à plus de 30 euros, sans forcément que le prix se justifie. En revanche, on peut remercier, entre autres, le Projet Gutenberg, qui met à disposition plus de 750 classiques gratuitement.

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La lecture d’un iBook, si elle est agréable au premier abord, devient vite lassante pour l’œil au bout d’une heure. La faute au rétroéclairage, qui agresse alors que l’encre électronique d’un Kindle d’Amazon donne un rendu naturel. Finalement, le meilleur exemple de lecture sur iPad reste le comic book (applications Marvel ou ComicX de Comixologie), vite consommable et tirant parti des ressources d’affichages de la tablette.

Un lecteur multimédia ? Oui !

L’ipod Touch et l’iPhone avait déjà réussi l’incroyable pari de faire consommer aux utilisateurs de la musique ET de la vidéo payantes. Avec son écran et sa résolution « HD Ready » de 1024 x 768 pixels, l’iPad ne pouvait que reprendre brillamment le flambeau. Le tout fut savamment orchestré puisque peu avant la sortie en France, l’iTunes Store fit un peu de place à côté des Séries TV à la section Films. Plus de 1000 longs métrages accessibles pour certains en haute définition (avec des nouveautés comme Avatar ou Coco avant Chanel), tout est réuni pour faire craquer le fans de cinéma, sauf si l’on adhère peu au presque tout payant d’iTunes et le peu de films en versions originales.

techyou+ipad+multimedia

Les films sont à privilégier en haute définition, l’écran étant parfois intraitable avec les sources standard (et donc moins chères sur iTunes). Pour sortir du système iTunes, on peut toutefois (en fait, c’est un conseil), opter pour l’application Air Video (2,39 euros), qui permet d’envoyer sur l’iPad le contenu vidéo de votre ordinateur, via le WiFi. Il faut rester chez soi, mais on peut au moins profiter de tous ses films dans le lit et sans contraintes de formats !

Côté musique, il s’agit d’un iPod. Rien que de très classique, même si l’on regrette la disparition du mode cover flow pour faire défiler les pochettes d’albums.

Une station de travail ? Pourquoi pas.

techyou+ipad+ordinateurLa partie la plus difficile à appréhender de mon rapport à cette machine. L’iPad peut-il remplacer mon ordinateur portable ou un netbook ? Pour le premier, la réponse est clairement non, ne serait-ce que dans un souci de puissance matérielle et donc de capacités à faire tourner des logiciels ultra gourmands, comme Photoshop. En revanche, pour le netbook, il s’agit de savoir quelles sont vos attentes dans un ordinateur ultra compact.

Car avec l’étui pour soutenir l’iPad dans une position décente, Pages, le traitement de texte Apple (7,99 euros, compatible Word), Numbers (7,99 euros, compatible Excel) et DropBox (gratuit, une boîte virtuelle où l’on peut déposer des documents depuis n’importe quel ordinateur afin d’y accéder sur l’iPad), la tablette est devenue mon deuxième outil de travail, en termes de fréquence d’utilisation, derrière l’ordinateur principal.

Et si vous avez la bonne idée de lui adjoindre un clavier Bluetooth, vous voilà aux commandes d’un mini ordinateur très simplifié (notre photo) pour des tâches basiques sur du traitement de texte, des tableurs, l’envoi de courriels ou la retouche photo basique.

Entre deux chaises

Ni ordinateur, ni baladeur multimédia, l’iPad ne sait pas vraiment sur quel pied danser et sollicite donc les attentes et habitudes de l’utilisateur pour se forger une stature, ou non. Pas vraiment nomade non plus, puisque l’on sort rarement un iPad comme on sortirait son iPhone. Un produit mobile d’intérieur, en somme. Car en termes purement techniques, l’iPad est loin d’exceller, ne serait-ce qu’avec ce port USB absent. Un coup de poker d’Apple qui préfigure peut-être l’informatique de 2015, pas vraiment celui de 2010. Il faut donc rapidement apprendre à travailler en totale dématérialisation pour appréhender correctement les enjeux et le potentiel de l’iPad et peut-être des tablettes à venir.

Romain Thuret