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Et aussi

apple-ipad-interfaceSa sortie n’est toujours pas datée en France, à part, depuis le 14 avril, un vague « fin mai », mais certains iPad ont tout de même traversé l’Atlantique pour arriver sur le sol français et entre les mains de votre serviteur. Nous vous proposerons sur Tech You un test complet de la bête lors de sa sortie française mais en attendant, nous vous livrons nos premières impressions à chaud après avoir manipulé l’iPad pendant quelques heures.

Prise en main et ergonomie

L’iPad, en tant que tablette internet, est censé prendre la place d’un ordinateur d’appoint dans la maison, comme le netbook. Ce dernier, pas forcément très puissant et léger, est facile à transporter et s’utilise partout. C’est déjà un peu moins le cas de l’iPad. Aujourd’hui, nous ne le voyons pas ailleurs qu’en intérieur. La prise en main est déconcertante.

On le prend à une main, tenté que l’on est de vouloir imiter notre préhension d’un iPhone ou iPod Touch. Malheureusement, les 680 grammes de l’engin se font vite ressentir et toutes les 5 minutes, on secoue sa main pour la détendre. Donc deux mains sinon rien.

apple-ipad-seriesEt même à deux mains, difficile d’établir une prise et une position optimale. La navigation nécessite forcément de tenir l’appareil dans une main. On se prend à retourner l’objet en mode paysage puis portrait sans jamais vraiment trouver d’office la meilleure position.

D’autant plus décontenançant qu’un tel questionnement est rare sur un produit Apple. Ipod, iPhone, Touch, tous se prennent immédiatement en main sans tergiverser. On sait de suite comment appréhender l’objet. Alors on tente de faire comme Steve Jobs lors de la présentation de l’iPad, assis et jambes croisées, la tablette posée sur un genou. Une position satisfaisante, mais qui pourrait rester longtemps comme ça ?

Écran et réactivité

On raille souvent l’iPad pour son côté « gros iPhone ». Peut-être… mais quelle vélocité ! C’est simple, on croirait voir tourner un iPhone sous amphétamines. Les applications se lancent plus vite que sur iPod Touch et iPhone. Le processeur A4 maison fait des merveilles. Le défilement des pages icônes est sans latence là où sur l’iPhone on constate un léger accrochage. A vérifier une fois que l’iPad sera constellé d’applications sur 8 ou 9 pages. Grosse évolution (pour un iP-quelque chose), il est possible de modifier le fond d’écran de la page. Cela n’était possible avant que sur l’écran de veille.

La dalle IPS, très brillante, reflète à peut près tout ce qui se positionne dans son axe. Pourtant, à l’utilisation, nous n’avons pas été plus dérangés que ça par les reflets. Le visionnage d’une série a fini de nous convaincre qu’il ne fallait pas forcément une pièce dans la pénombre pour apprécier l’affichage de l’iPad.

apple-ipad-marvelSur l’image, vous pourrez constater, sûrement comme nous, que l’écran de l’iPad possède d’énormes prédispositions pour l’affichage des BD numériques (ici un comic Marvel). Les couleurs vives sont magnifiquement affichées. D’autant que l’offre de BD numériques ne cesse d’augmenter. On se plait à se balader dans les cases et chacune peut s’afficher en plein écran, en portrait ou paysage, afin d’admirer le travail des créateurs des comics/BD mais aussi de l’adaptation sur une telle machine.

A noter que la taille de l’écran (10 pouces, soit 25,4 cm de diagonale) permet d’afficher plusieurs infos en même temps. La page des paramètres, par exemple, devient plus claire avec un affichage de tous les réglages disponibles. Pareil pour la fonction iPod, qui gagne en clarté mais perd la fonction Cover Flow, qui affichait sur iPhone et iPod Touch les pochettes d’albums en vignettes que l’on pouvait faire défiler. Ici, on a seulement droit à un empilage de pochette. Dommage, cela est moins graphique, mais plus pratique.

Les livres ou ibook

Gros vecteur d’intérêt pour Apple, les éditeurs et les lecteurs d’e-book (Sony Reader, Amazon Kindle…), l’iBook et son iBook Store étaient très attendus. Ici, Apple a conçu une liseuse électronique qui va adapter chaque livre téléchargé sur l’iBook Store d’iTunes (eh oui, pas d’insertion sauvage de livres électroniques). Pour ce test nous avions accès à deux livres : un ouvrage de Harlan Coben et un conte de Winnie l’Ourson. La grande question était surtout de savoir si la lecture prolongée sur un écran lumineux, au contraire des e-book qui utilisent l’encre électronique sans éclairage, était problématique.

ipad-livre-verticalA première vue, pas de sensation de gêne pour la lecture. On peut régler la luminosité, la taille des polices de caractère et même leur style. Un dictionnaire est intégré et on peut sélectionner un mot pour en avoir la définition. Un marque page tamponne la dernière page lue lorsque l’on quitte l’application. On peut revenir au sommaire à tout moment.

Tourner les pages est très agréable. Apple a soigné son iBook. On pose le doigt et on tourne la page qui ne se tournera que lorsque le geste est fini. Tant que l’on garde le doigt sur la page, celle-ci bouge. On peut apercevoir la page que l’on vient de finir en transparence. Graphiquement, Apple accouche d’un iBook au top. Petit bémol, en mode paysage, le livre affiche deux pages comme un vrai livre. C’est beau mais les caractères ont moins de place et l’on se retrouve avec une quarantaine de mots sur l’écran. Le livre fait alors 600 pages pour rien. Pas trop gênant toutefois. L’iBook est une réussite.

Le clavier

apple-word-clavierSource de bien des questionnements, le clavier de l’iPad reprend à l’identique le clavier déjà présent sur l’iPhone. La réactivité est bonne. Pourtant, on se demande pourquoi Apple n’a pas intégré un clavier d’ordinateur normal au lieu de cette version, bien moins intuitive en saisie sur un tel écran.

En effet, si le clavier de l’iPhone est parfait pour le smartphone, ici on attend une expérience proche d’un notebook ou netbook. Il est donc regrettable de devoir passer par une nouvelle fenêtre de symboles pour saisir les chiffres et icônes ou encore presser longuement pour afficher les accents. La prise en main, elle aussi, est mitigée puisque le plus souvent, en mode paysage, on se retrouve à poser l’iPad sur une surface plane. On doit donc se pencher sur l’appareil pour écrire et casser légèrement son poignet. La saisie change du clavier physique puisque l’on doit adapter notre pression. Il faut tapoter et non presser. Un coup à prendre.

C’est ici que l’accessoire dock clavier prend son sens. Vendu 69 dollars (69 euros à prévoir à la sortie en France, certainement), il permet de charger l’iPad tout en bénéficiant d’un vrai clavier physique. L’iPad est alors obligatoirement posé en position portrait (verticale). Mieux encore, si vous possédez un clavier Bluetooth Apple, l’iPad est compatible. Avec un bon support, on obtient une association intéressante.

Les jeux

Si toutes les applications et jeux sont disponibles sur l’iPad, il faut toutefois adopter leur version HD qui elles sont pleinement compatibles avec le format de la tablette. Sans cela, on se retrouve avec une application affichée au format de l’iPhone, soit une vignette sur le grand écran de l’iPad.
Autant dire que nous attendions la section jeu avec beaucoup d’impatience. L’iPhone se révélant comme une véritable console de jeu portable de grande qualité, l’iPad se devait de reprendre le flambeau avec plus d’ardeur encore. Nous avons pour cela testé trois jeux : Real Racing HD, un Sudoku et un soft pour enfant mettant en scène la Fée Clochette (on ne rit pas au fond, merci).

ipad-jeux-voitureReal racing est une bombe graphique. On en prend plein les yeux et les oreilles. La vue intérieure des bolides, réussite sur iPhone, prend ici de l’ampleur. La voiture se dirige via l’accéléromètre, on tourne l’iPad pour tourner le volant. L’accélération est automatique, le freinage (assisté), s’effectue en pressant l’écran. On a déjà vu plus impliquant… Une telle assistance peut s’expliquer par la taille de l’écran. Trop grand pour ce type de jeu, l’iPad se révèle inadapté.
Pour Fée Clochette en revanche, on se retrouve devant une bonne adaptation. La fée traverse horizontalement chaque niveau et l’on incline l’iPad pour la faire monter ou descendre afin de récolter des bonus et éviter les ennemis. Une seule interaction avec l’écran est nécessaire pour accélérer brièvement. L’expérience de jeu est bonne. Malheureusement, si on regarde la cible du soft, les enfants de moins de 10 ans, le poids de l’iPad devient problématique. Il l’est déjà pour des bras de plus de 25 ans, alors imaginez votre enfant tenir la tablette et la fée à bout de bras plus de 10 minutes…

Finalement, c’est bien le Sudoku qui nous a le plus convaincu. Au calme, posé sur un fauteuil, on peu longuement jouer sans stress. On rempli les grilles et l’iPad peut être posé à plat ou incliné sur les jambes voir debout, l’exercice se prêtant facilement à une partie très courte à la volée.
On attend également beaucoup des jeux de stratégie, qui ne réclament pas de bouger l’iPad dans tous les sens et qui pourraient profiter de l’interaction tactile et du grand écran de la tablette pour offrir une expérience de jeu inédite. Google Earth fait également son petit effet. L’affichage est optimisé et on se prend au jeu de scruter par satellite tout ce qui nous entoure.

Ce qu’il lui manque

techyou+ipad+photoSi l’iPad apporte une nouvelle vision de l’informatique, ici mobile, ce n’est pas sans quelques sacrifices ou coup de dés. Ainsi la suppression du port USB, pour un produit qui tend à devenir un ordinateur familial (de secours) est-elle aussi osée que la disparition des lecteurs de disquettes sur les Mac il y a plusieurs années. Le pari sera-t-il payant ? On sait en tout cas que tous les concurrents à venir de l’iPad intègrent l’USB. Même chose pour le lecteur de carte SD. Impossible donc de charger les clichés de son appareil photo numérique directement dans l’iPad. Pour cela, il faut débourser 29 dollars (sûrement 29 euros), pour faire l’acquisition d’un couple de connecteur USB/carte SD (notre photo). Encore et toujours ce système d’accessoirisation Apple. Attention, le connecteur USB ne sert bien que pour la photo, à savoir brancher dessus son appareil en direct.

Pour les réfractaires à cet achat, vous avez toujours la solution iTunes comme plate-forme de chargement, ou bien FlickR, si vous disposez d’un compte. Autre absente de marque, la webcam. Si l’on peut facilement mettre de coté l’appareil photo numérique sur ce genre d’objet, la webcam fait furieusement défaut, surtout dans l’utilisation de l’iPad sur son socle comme ordinateur. L’arrivée prochaine du multitâches devrait également apporter à l’iPad un attrait supplémentaire et en faire un véritable outil de travail, mais en l’état, dur de proposer un matériel informatique incapable de gérer deux applications en même temps, autres que certaines applications natives (Mail, iPod, Safari, Albums).

Ipad… utile ?

Les gros consommateurs d’informatique, les utilisateurs assidus de solutions de type ordinateur ultra portable, smartphone haut de gamme ou netbook auront du mal à trouver un intérêt durable et une pertinence solide dans l’iPad. En revanche, pour les utilisateurs occasionnels qui souhaitent avoir un accès simple et rapide à des jeux de détente, un journal en ligne ou une boîte mail seront ravis. Il se murmure même qu’Apple prépare déjà la relève avec des modèles amincis de plusieurs grammes et dotés d’écrans moins grands (on parle de 7 pouces).

L’iPad adresse clairement un nouveau type d’usages pour un produit mobile. Ni un iPhone géant ni vraiment un iPod Touch mais avec quelques touches d’ordinateur, l’iPad possède toutefois une belle marge de progression, ne serait-ce qu’avec son passage au multitâches effectif dans une mise à jour (OS 4.0) prévue à l’automne prochain.

Tech You remercie l’agence Pure Agency (pureagency.com) pour lui avoir permis de jouer longuement avec son iPad.

Romain Thuret