La tendance a beau être au green absolu, aux économies de consommations énergétiques, la surpopulation électronique ralentit jusqu’à rendre inefficace toute innovation de développement durable. Le monde des nouvelles technologies fait des économies, mais à quel prix ?
High Tech : l’impossible économie d’énergie
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La consommation énergétique des foyers français augmente depuis 4 ans. Rien qu’entre 2005 et 2008, cette dernière a pris près de 20 % pour atteindre 7,3 % de la consommation électrique totale des français, soient 35,3 TWh/an (1 térawattheure équivaut à 1 000 000 000 kilowattheures). Des données, fournies par l’institut Idate, qui font tâches quand les marques nous abreuvent depuis plus de 2 ans de discours sur le savoir consommer, la responsabilité du client et leur amour soudain de la nature. Une découverte sur le tard d’un intérêt irrépressible pour le développement durable que les constructeurs traduisent par des produits innovants. Au-delà de la conception physique, avec des matériaux « farfelus » (plastique en résine de maïs, membranes en algue), c’est avant tout la consommation d’énergie qui reste au centre du débat.
GreenTech, vraiment ?
On trouve sur tous les secteurs des innovations technologiques favorisant l’économie d’énergie électrique. Problème, qui concerne principalement ici nous, les consommateurs, personne ne semble prêt à mettre plus cher pour avoir le même genre de produit en version green. L’économie d’énergie est intéressante, la financière aussi. On achète de plus en plus de produit techniques et consommons par conséquent plus d’énergie. On remplace les bouquins par des livres électroniques, les téléphones accumulent tellement de fonctions qu’il faut les charger au moins une fois par jour, les netbooks viennent combler un soi-disant vide entre le portable et l’ordinateur de salon… la liste est longue d’autant de produits que l’on nous rend tellement accessible qu’il devient difficile de ne pas succomber. Si accessible que leur nombre a augmenté de 40 % en 3 ans dans les foyers.
Le meilleur exemple reste les téléviseurs. Car s’il est vrai qu’à taille égale au vieux cathodique, l’écran LCD consomme 30 % de moins, l’augmentation des tailles des LCD fausse complètement la donne.
Hier, 56 cm vous suffisaient pour un cathodique (pour environ 70 Watts), aujourd’hui, c’est 117 cm que l’on préfère (pour une consommation d’environ 180 watts !) Et l’arrivée des TV à leds, avec leur 40 % d’économie d’énergie, comprend elle-aussi un effet pervers puisque les prix ont chuté tellement vite que tout le monde se rue dessus, dans des tailles démentielles. Des raz-de-marée d’addiction à la technologie qui affolent les cabinet d’analistes quant à la note future de consommation énergétique mondiale. L’Agence internationale pour l’énergie (AIE) a ainsi établi l’année dernière que les appareils high-tech, qui entrent pour 15 % dans la consommation énergétiques annuelle des foyers dans le monde, pourraient bien voir leur demande en énergie tripler d’ici à 2030.
Gris contre vert
Le directeur de l’AIE, Nobuo Tanaka, précise même pour enfoncer le clou que l’équivalent de 200 réacteurs nucléaires seront nécessaires rien que pour le fonctionnement de ces produits et que cela devrait nous coûter la coquette somme de 200 milliards de dollars en facture d’électricité. Malgré les efforts souvent louables des constructeurs pour réduire la consommation – jusque dans les processus de fabrication et de logistique – et devenir le plus vert possible, c’est bien l’accumulation de l’énergie grise (celle nécessaire à la vie d’un produit, de sa conception, au transport en passant l’utilisation et son recyclage) qui pose problème.
Aux consommateurs de toujours mieux s’informer avant d’acheter, aux fabricants de toujours innover pour moins demander d’énergie. Un travail de concert pas forcément très intuitif mais nécessaire si on espère, comme l’Idate, que la consommation descende d’une marche.
L’institut estime que la consommation énergétique des bien techniques de l’information et de la communication en France devrait passer de 7,3 % en 2008 à 6,7 % de la consommation totale des ménages pour 2012. Soient 34,1 Twh/an. Le meilleur moyen pour y arriver serait peut-être de réguler une fois pour toute chaque marché. Légiférer pour canaliser et imposer des niveaux de consommation qui pourraient ainsi compenser largement la sur-consommation. Et cela commence enfin à entrer dans les têtes des légiférants.
Congélateur / TV, même combat
Après avoir crié pendant des années qu’il était peut-être temps pour le secteur high-tech de suivre le mouvement ordonné de l’électroménager, les défenseurs de la planète peuvent se satisfaire des toutes dernières directives européennes qui place le marché des téléviseurs, le plus énergivore, sous l’égide prochaine du marquage A/B/C/D. Comme les réfrigérateurs, les lave-linge ou les congélateurs, les téléviseurs devront obéir à certaines lois énergétiques (consommation maximale à ne pas dépasser en marche et veille, présence d’un bouton d’arrêt,…) sous peine de se voir éjectés du marché manu militari.
On attend de voir cela afin de juger de l’efficacité des règles européennes et de l’intransigeance de Bruxelles. En vigueur à partir de l’été prochain (le 21 août, plus précisément), la directive sera suivie 6 mois plus tard par la mise en place de l’étiquetage A/B/C/D. On ne sait pas encore si le marquage intègre des surnotations A+ ou même A++ mais devant la pléthore de grandes marques développant des écrans LED qui n’ont aucun mal à entrer dans la case A, difficile de ne pas les imaginer tenter de se démarquer. Histoire de vendre encore plus de produits qui consomment moins. Et consommer autant d’énergie voire plus, finalement.
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10 Commentaires
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Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kilowatt-heure
D’autre part, il est est effectivement indispensable de réaliser des économies d’énergie ; mais attention à ne pas se tromper de cible.
Prenons un exemple : une TV n°1 consomme 200 Wh par heure, tandis qu’une TV n°2, dite économe en énergie, n’en consomme que 100.
Quelle économie à l’année ?
Si la TV est utilisée disons 3h par jour (c’est déjà pas mal) :
100 Wh x 3h par jour x 365 jours par an = 109 500 Wh par an = près de 110 kWh.
Le particulier paie son kWh à EDF environ 11 cts d’€, soit une économie de 110 x 0,11 € = 12,1 € par an …
En revanche, réalisez 30% d’économies chez un industriel qui consomme quelques millions de kWh par an ; limitez à la portion congrue l’installation systématique de chauffages électriques dans les logements en construction ; isolez correctement avant d’acheter une chaudière à condensation ; pensez à prendre en compte l’ensemble du cycle de vie d’un produit, de l’extraction des ressources permettant sa fabrication, à son recyclage/réemploi/réutilisation (flux d’énergies et de matières) … pas toujours évident d’avoir toutes les billes.
Beaucoup d’impératifs dans une même phrase !
Ne vous méprenez pas, ce ne sont pas là des ordres…juste des impératifs.
Pour revenir aux particuliers et leurs gadgets hi-tech (et je ne jette pas la pierre…je suis le premier concerné !), le principal problème des économies d’énergie (et vous le dites très bien dans les 2 dernières phrases de l’article) réside dans le réflexe (humain) qui est de dire « si ça consomme moins, mettons-en 2 fois plus ! ». La remarque vaut également pour les mairies, communautés de communes, industriels etc.
Ou est l’économie dans ce cas ? Cherchons le mieux, pas le plus.
Envie de simplicité ?
NB : Vous écrivez « l’équivalent de 200 réacteurs nucléaires seront nécessaires rien que pour le fonctionnement de ces produits ». L’exemple est certes parlant, mais combien faudrait-il d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques ?
ERRATUM
Autant pour moi, 1 térawattheure équivaut bien à 1 000 000 000 de kilowattheures.
Enfin une aberration qui va disparaitre (et que j’avais découvert le jour où je suis passée d’un bon vieux tube de 20 ans d’age à une tv écran plat premier prix : pas de possibilité de couper le mode veille à moins de débrancher l’appareil O_o !).
Quand aux gadgets électroniques (je suis geek donc la première à en posséder); le vrai soucis, c’est la poussée éfrennée à la consommation qu’on nous fait subir actuellement et qui pousse malheureusement les tech victims à jeter des appareils encore utilisables pour un très plus mieux qui sert le café etc, etc.
En plus de la consommation électrique de plus en plus importante; il y a aussi un sérieux problème de valorisation de ces déchets, à la composition de plus en plus complexe; et donc à la destruction de plus en plus difficile (sans compter le problème des batteries qui en plus d’être difficile à détruire consomme aussi beaucoup plus d’énergie pour se charger qu’elles n’en délivrent à l’appareil).
salut
et si on parlais démographie???
Et oui vous décrivez l’effet rebond, bien connu en économie qui annihile les économies par surconsommation. Une famille a un budget de 1000 € d’essence par an. Si elle achète une voiture qui consomme 5 l donc 5 € au 100 km en remplacement d’une voiture qui en consommer 10 l / 100 km, elle ne va pas continuer à faire ces 1000 km par an en économisant 500 € mais elle va en faire 1500 en économisant 250. Au final le gain n’est pas si important .. et les green techs restent dans le cercle vicieux de l’incitation à l’augmentation des besoins propres. Et oui, il n’y a PAS de « développement » durable. Juste une « sobriété » durable incompatible avec un système économique qui ne trouve sa marche qu’en additionnant des richesses à une richesse donnée.. en mathématiques, ca diverge forcément !!!
euh …
l’energie grise n’est pas l’energie dont a besoin un appareil pour fonctionner, mais bien celle dont il a besoin pour etre produit
on pourrait aussi y ajouter celle necessaire à sa destruction
ce genre d’erreur est classique dans nos medias qui suivent peniblement la revolution verte sans trop comprendre de quoi il est question
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_grise
Vous devriez parler du grâchi financier de l’éolien qui, ne rapporte en fait qu’aux seuls frabricants et propriètaires des terrains sur lesquels elle sont implantée .Le prix exorbitant qu’EDF rachette le Kw ,les frais énomes de l’entretien .
plus le paysage défiguré .Bravo l’écologie imbécile!
Et si on arrêtait d’éclairer la nuit. J’aimerais bien connaître l’impact écologique et le coût énergétique des éclairages publiques en France et ailleurs. C’est bien joli de mettre ses appareils en veille mais à proportion c’est exactement la même chose que de prendre une douche à la place d’un bain alors que c’est l’agriculture qui spolie les réserves en eau douce partout sur la planète (à hauteur de 70 %). Bref les économies d’énergie ne peuvent pas reposer uniquement sur la culpabilité du consommateur qui en paie d’ailleurs plus que largement le prix à la différence des industriels toutes catégories confondues. Les droits à polluer étant d’ailleurs maintenant côtés en bourse, on devrait s’inquiéter du global plutôt que du particulier.