Partager cet article :

 

Et aussi


Il y a deux semaines, le nouveau jouet d’Apple faisait la part belle à la lecture sur écran. Mais la planète des livres électronique n’a pas attendue l’iPad pour tourner. (R)évolution lente du monde de la culture, l’e-book se positionne sagement avec plusieurs soldats, prêts à prendre la relève de tonnes de papiers imprimés, reliés ou collés. Reader de Sony, Cybook Opus de Bookeen, Amazon Kindle, iLiad d’iRex, dotés d’un confort de lecture égal aux livres papiers, ces versions électroniques se déclinent toutes dans des formats proches du Poche.techyoubksony

Premier à avoir réellement dégainé massivement sur le marché des e-book, Sony a du même coup essuyé les plâtres avec son tout premier PRS-505 qui offrait déjà, en 2008, le confort de lecture que l’on trouve sur n’importe quel pavé imprimé. Petit four lors de son lancement avec la Fnac, le test de Sony a permis de vite cibler les lacunes de ce nouveau mode de lecture : l’impossible interaction avec l’objet (annotation, gribouillage, sensation de la feuille sous les doigts), le prix du terminal et surtout le prix d’un livre.

Tuer le livre ?

En effet, il est assez compliqué de croire en la pérennité de l’e-book avec des oeuvres à peine moins chères, en France, que leurs homologues de papier. Car si les livres tombés dans le domaine public sont téléchargeables gratuitement (ebooksgratuits.com, par exemple), quel intérêt pour les nouveautés vendues 23 euros en physique et 20 euros en format numérique ? Dur après ça de nous vanter la fin prochaine du livre papier. Alors, le livre électronique peut-il vraiment s’imposer et vider nos bibliothèques ? L’autre erreur de Sony avec le PRS-505 fut de trop sacraliser le livre via un design froid et une pochette cuir façon belle édition papier.

techyoubkindlebQuitte à tuer le livre, autant s’en éloigner, non ? Et assumer pleinement son virage numérique, ce que la marque a intégré pour le PRS-600. Complètement tactile, en plastique, look gadget haut de gamme, un ebook assumer. Il permet même les annotation sur un coin de « page ». On s’approche de l’expérience d’un bon pavé même si, pour tous ces objets, l’utilisation de l’électricité demeure la base. Personne ne voudrait d’un livre avec une prise électrique en 4e de couverture. Et à part le Kindle et son store mobile, la connexion obligatoire à un ordinateur amoindrit le sentiments de liberté offert par le livre. Beaucoup ont comparé l’arrivée des liseuses à l’émergence des CD (adieu les vinyles), du mp3 (adieu les CD) ou encore du DVD. Mais tous ces usages sont d’ordre technologiques, des évolutions logiques.

L’histoire millénaire du livre provoque forcément une levée de bouclier et une défense hargneuse des feuillets imprimés (pauvres imprimeurs, d’ailleurs). Mais tout n’est finalement qu’adaptation au support. Et l’avantage de pouvoir transporter toute sa bibliothèque dans 700 grammes de plastique n’est finalement alléchante que s’il est possible d’en bénéficier totalement sans devoir débourser des milliers d’euros pour retrouver le contenu de ses étagères derrière l’écran.

La bonne idée d’Amazon

techyoubkindleAvec son Kindle, le géant de la distribution dématérialisée a vraisemblablement trouvé le bon filon, que ne manquera pas de reproduire bientôt Apple avec l’iPad. Longtemps diffuseur de culture papier, Amazon se met donc à brûler sa bibliothèque afin de vendre du signe numérique (en anglais) à des prix un poil plus abordables (moins de 10 dollars) sur le Kindle Store et cartonne avec son appareil tout fin, pratique. C’est simple, au lancement, on aurait pu confondre le Kindle avec un projet Apple tant le design fin et élégant confère à l’objet une aura de « je le veux ». Seules les innombrables touches écartent toute idée de filiation à la pomme. Attendu de pied ferme, il n’a pas déçu.

Et si son potentiel n’est pas encore pleinement exploitable chez nous (chargeur US, boutique conçue pour le marché US, etc.), le Kindle et sa connexion 3G offrent des perspective alléchantes. C’est en tout cas ce que tout le monde pense… jusqu’au 27 janvier dernier et la présentation de l’iPad.

iPad, grand ordonnateur

techyoubkipadLe cérémonial d’Apple et de son iPad a balayé de nombreux doutes sur la possibilité de voir l’e-book, ou ibook ici, sortir du marasme ambiant. Sorte de gros iPhone, l’iPad n’a rien de révolutionnaire, mais en changeant simplement la taille de l’écran d’un produit existant, Apple affole le marché. Et comme d’habitude, la firme tient à s’entourer de contenus pour supporter son nouveau bébé. Le New-York Times pour l’info, de gros éditeurs mondiaux pour la littérature et un écran couleur qui a conquis les éditeurs de BD numériques. Le poids et la confiance en Apple son tel que sans être disponible, l’iPad fait déjà mettre un genou à terre à Amazon.

En effet, devant une fixation de tarifs libre promis par Steve Jobs à certains éditeurs (comprenez, plus chers) déjà présents sur le Kindle Store, ces derniers ont fait pression sur Amazon pour s’aligner sur les prix. Un passage de 9,99 dollars à 14,99 dollars ! Sans l’aura de la pomme, bone chance à Amazon pour lutter durablement contre le rouleau compresseur.

Et après ?

Il reste toutefois impossible de savoir si le livre électronique prendra la place ou non de nos bouquins, mais en nous projetant un peu, on peut apercevoir les bénéfices indéniables de l’e-book. Des économies d’énergies gigantesques seront réalisées en papier, transport et utilisation de pétrole. Jugez donc, avec près de 900 publications, pour combien de mauvais bouquins, la dernière rentrée littéraire française tient aisément dans un recoin d’un seul e-book. Des frustrations en moins pour avoir récupéré son journal au levé, plutôt que de faire la queue au Relay ou de ne plus trouver son quotidien fétiche.

techyoubkltPouvoir lire un livre en version originale tout en pouvant consulter le traducteur intégré. Des avantages, le livre électronique en regorge. Et ses inconvénients, comme nous avons pu le voir, ne sont en fait qu’une histoire d’adaptation. Mais peut-être ne doit-il pas avoir pour but de remplacer coûte que coûte son voisin de papier. Peut-être et sûrement, livres et e-book cohabiteront. Ne serait-ce que pour les livres d’art, si précieux, si grands et irremplaçable. Vous vous verriez, vous, avec un iPad de 26 pouces dans la poche pour pouvoir contempler l’édition Taschen du Sumo de Helmut Newton ?