earths-biggest-selection-450px._V251249388_Le livre numérique, c’est un peu le Godot de la hi-tech. Maintes fois annoncé depuis une dizaine d’années, sa percée ne semblait toujours pas acquise il y a peu. Aujourd’hui, il représente 1% du marché global de l’édition française mais les ventes pourraient se voir multipliées par 26 d’ici à 2013.

Papier électronique

sony epaperEcouter de la musique sur un baladeur, l’affaire est entendue depuis l’invention du walkman. Retrouver le plaisir de la lecture sur un écran numérique, c’est une autre histoire. En équipant depuis 2004 (Sony Librié sorti au Japon) leurs ebooks d’écrans basés sur la technologie du papier électronique (également appelé e-paper ou encre électronique), les constructeurs ont levé un certain nombre d’objections : lisibilité même en plein soleil, confort visuel sous tous les angles, absence de fatigue oculaire, autonomie de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Pour le moment, le noir et blanc est de rigueur mais demain…

You Can’t Judge A Book By Its Cover

Les « liseuses » ou ebook du marché, légèrs (entre 300 et 500 grammes) permettant d’embarquer plusieurs centaines d’ouvrages, présentent chacun des avantages et des inconvénients. Ainsi le leader Kindle, proposé par le géant de la librairie en ligne Amazon (vignette d’ouverture) disponible en deux formats, standard (20,3×13,3cm) et Dx (26,4×18,3cm) peut faire le plein de contenus sans être connecté au net mais ne possède pas d’écran tactile. Son challenger, le Sony Reader PRS 600 (ci-dessus) offre lui le tactile, la possibilité d’anoter ses lectures, mais doit être connecté physiquement pour faire son marché. Ni Wifi, ni Bluetooth.

De nombreux constructeurs, petits ou grands, essaient de se positionner sur ce marché en devenir, même si l’ebook ultime n’est pas encore né. On attend la tablette tactile d’Apple sans savoir si la pomme entend séduire les geeks bibliophiles après avoir vampé les croque notes.

Mon livre ne s’appelle plus reviens
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Les contenus sont bien évidemment le pivot de ce marché de la lecture. Les Kindle disponibles à présent pour la France (commande à effectuer sur le site américain) pour 178 et 340 euros ne permettent de lire que les livres achetés sur la place de marché d’Amazon, et protégés par DRM. Impossible donc de prêter son polar à un autre possesseur d’ebook. Et sur les 400 000 titres, bien peu sont en français. Le Sony Reader est plus « ouvert » théoriquement puisqu’acceptant le format ePub, un des plus répandus en matière de livres numérisés, mais le catalogue français de livres récents n’est pas non plus des plus fournis et les prix sont les mêmes que les éditions papier.

Libraire : une profession en voie de disparition ?
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Même si le marché français n’en est qu’à ses prémices, par rapport aux Etats Unis et au Japon, les acteurs du secteur de l’édition et les pouvoirs publics sont conscients de l’enjeu. Le rapport Zelnik voudrait que le livre numérique soit soumis comme la version papier à la loi Lang : prix unique et TVA à 5,5%. Pour ne pas brader les « contenus ».
Le syndicat des distributeurs de loisirs culturels (SDLC) dont sont membres Virgin ou la Fnac, propose, lui, de créer une plateforme professionnelle unique d’échanges des fichiers numériques entre éditeurs et distributeurs.

France versus Google
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Le rapport Tessier que l’on attendait notamment pour connaître la température des relations avec le grand numérisateur Google (10 millions d’ouvrages ; 500 000 titres francophones dont certains sous droit français) préconise aussi l’idée d’une plateforme à destination du public cette fois.
Y serait accessible l’ensemble du patrimoine écrit français, et notamment les 145 000 ouvrages numérisés de Gallica, produit de la Bibliothèque Nationale de France, mais guère fréquenté par les lecteurs, et peu « moissonné » par les moteurs de recherche. Appel du pied à Google à qui est proposé par ailleurs le deal : « un titre » contre « un titre ».
On attend avec curiosité la réponse du « numérivore ».

Lisa Terzy