Vendredi 8 janvier les douze membres du collège d’Hadopi vont se réunir au ministère de la Culture pour élire leur magistrat président. Après une année parlementaire difficile pour les partisans de la lutte contre le téléchargement illégal, les outils se mettent donc en place. Si tout est loin d’être défini, voici les grandes lignes de l’arsenal.

Internaute averti…
StickerPirates
Les ayants droit d’une œuvre feront surveiller sa diffusion illégale sur le net.
Si l’adresse IP de votre ordinateur apparaît associée au partage de ce film ou de cette musique, un procès verbal sera adressé aux services de la Hadopi.

Un premier mail d’avertissement vous sera alors envoyé avec la collaboration de votre fournisseur d’accès internet (les conditions générales de vente des principaux FAI ont été revues dans ce sens).

Si dans les six mois qui suivent, votre adresse IP fait de nouveau l’objet d’un PV, un deuxième avertissement vous sera alors envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception.

Suppression « limitée » à l’internet

Au troisième PV, on passe à la phase sanction : un juge peut décider la suspension de votre abonnement internet (un mois à un an), l’injonction d’installer un logiciel de contrôle sur votre ordinateur, ou le paiement d’une amende.

La suspension ne peut pas théoriquement concerner votre messagerie, ni pour les abonnés multi-play, la réception TV ou la ligne téléphonique. Un vrai casse tête pour les FAI.

Sanction personnalisée ?

Conseil-Constitutionnel-logLe Conseil Constitutionnel a précisé que les autorités judiciaires compétentes devront apprécier au cas par cas si un supplément d’enquête ou d’instruction est nécessaire ou si les éléments de preuve rassemblés suffisent à établir la culpabilité de la personne et permettent la détermination de la peine.

Le Conseil a aussi recommandé que le juge tienne compte des circonstances de l’infraction : gravité, situation socio-économique de l’auteur. Des précautions louables qui s’accomoderaient mal d’une politique de quotas…

Espion imposé !
spyware
Oui, mais si c’est le voisin ou le fiston qui télécharge en Wifi, peut-on prouver sa bonne foi ?
Et bien tout dépendra du fait que l’on ait ou non installé ce fameux logiciel de sécurisation. Car si on ne l’a pas fait, on s’expose à la sanction ! Parano en perspective dans les foyers.

Payant, gratuit, fourni d’origine par les FAI dans leurs box ? On n’en sait guère plus sur ce soft espion, à part qu’il risque de poser un sérieux problème pour la vie privée de l’internaute.

Informatique et libertés ?
cnil
A propos, que pense la commission nationale informatique et libertés, la CNIL des fichiers recensant les internautes soupçonnés de « piratage » et des modalités de leur transmission au juge ?

Sollicitée sur ces deux points, elle préfère attendre quelques mois pour rendre un avis, affirmant « ne pas s’opposer à la loi Hadopi », tout en constatant que sa démarche «retarde un peu» .

Hugo Bertrand