Noël en famille pouvait s’avérer éprouvant, quand la discothèque physique ou virtuelle de l’hôte était principalement constituée de hip-hop, et que les invités appréciaient essentiellement la musique classique. A présent, un clic sur Deezer et c’est parti pour 3 heures non stop de sonates, le MC se réservant 15 minutes de flow entre la poire et le fromage.
Musique non stop
A l’heure des débats houleux où revenaient les mots piratage et licence globale, lorsqu’on découvrait Deezer, on s’interrogeait doublement : écouter les derniers albums en ligne, est-ce gratuit, et est-ce légal ? En 30 mois d’existence, le site s’est efforcé de répondre à ces deux questions.
A l’origine de Deezer, on trouve Blogmusik, créé par Daniel Marhely. L’idée est de permettre aux internautes de créer et de partager leurs playlists. La SACEM n’y trouvera pas son compte et le site est fermé en 2007. Son créateur ainsi que Jonathan Benassaya, actuel PDG, conscients que le développement d’un tel système ne peut se faire qu’avec l’accord de l’industrie musicale, créent alors Deezer.
Danse avec les majors
Comme il est monnaie courante, lorsqu’on aborde la diffusion des œuvres culturelles sur le web, s’engage alors un pas de deux entre le site et les producteurs, le succès du premier étant conditionné à la richesse de son offre musicale pour toucher un maximum d’internautes et les seconds s’engageant avec plus ou moins d’audace dans un modèle dont ils ne sont pas à l’origine.
A la recherche d’un contre exemple à opposer aux « vilains pirates », le gouvernement, par la voix de Christine Albanel donnera des gages de respectabilité à l’entreprise. Le site se pliera par ailleurs aux exigences successives des majors, (limitation des accès selon la localisation de l’internaute, titres grisés, tentatives de contrer le téléchargement des morceaux en écoute) ; en échange, ceux-ci acceptent d’alimenter le juke box virtuel.
Des accords concernent aussi la rémunération des artistes. Les écoutes de chaque titre sont comptabilisées et la SACEM répartit les royalties versés par Deezer comme elle le fait pour une radio classique (0,07 cts par titre écouté). Fin 2009, Deezer a donc normalisé ses relations avec l’industrie musicale. Le succès du site auprès des internautes est conséquent : favori des moteurs de recherche, il annonce 11 millions de membres ayant accès à 4,5 millions de titres.
Une page de publicité

Il reste à Deezer à trouver un modèle économique viable pour aborder ces prochaines années. Malgré son succès, le site n’a pas encore atteint l’équilibre et compte actuellement 3 millions d’euros de perte. Jusqu’à présent 99,9% des revenus étaient assurés par la publicité visuelle présente sur le site. Problème : le consommateur de musique reste rarement captif quand il a lancé sa playlist.
Deezer a donc décidé de diversifier son offre en proposant trois formules d’écoute : la formule standard, écoute gratuite, qualité de son moyenne (128kb/s) et introduction de publicités audio ciblées, à une dose que l’on a du mal pour l’instant à déterminer ; Deezer HQ, une version payante (4,99 euros), avec qualité de son améliorée (320kb/s), sans publicité, et enfin Deezer Premium, qui reprend l’offre précédente en y ajoutant le téléchargement illimité des titres (9,99 euros).
DRM inside
Avantage pour l’internaute : pouvoir écouter ses titres sur d’autres plate-formes que son ordinateur. Inconvénient : les abonnés ne sont pas pour autant propriétaires de leur musique. On pourra écouter ses morceaux sur son iphone (un million d’applications Deezer déjà installées) mais on retrouve les bons vieux verrouillages DRM, qui interdisent de partager les fichiers ou de les graver. Plus gênant, si vous résiliez votre abonnement, l’accès aux morceaux téléchargés se trouve alors refusé. 
Objectif de Deezer : 100 000 abonnés d’ici fin 2010 pour cette offre Premium. Le succès de cet abonnement représente un enjeu financier pour le site mais aussi pour les maisons de disques. Selon Jonathan Benassaya, 60% des revenus issus de l’offre Premium leur reviendront contre 50% des revenus publicitaires sur le streaming. De quoi leur faire abandonner à plus ou moins long terme les DRM ?
Hugo Bertrand
En deux ans et demi, Deezer s'est imposée comme une nouvelle forme de radio musicale à la carte et en ligne. Plébiscitée par les Français, leurs gouvernants et les maisons de disques, il reste à la société à trouver son modèle économique.






Je trouve deezer fantastique en version gratuite, mais j’aurais beaucoup de mal a entendre de la pub au milieu de ma playlist, autant écouter la radio.
Merci Deezer, (pour la tonne de pubs aussi).
Un article en retard de 2 ans !
Deezer est obsolète ! Essayez Spotify !
Je n’arrive pas à comprendre qu’on se plaigne que Deezer fasse un peu de pub !
C’est vraiment abusé, on vous donne la main, vous faites la tête parce qu’on ne vous a pas offert le corps entier et les couverts avec !
Réveillez vous les mecs, c’est un boulot de folie pour que Deezer offre tout ceci, alors, de grâce, acceptez qu’ils souhaitent vivre aussi de leur art après 3 ans de dur labeur !