Il fallait habiter Lille, Paris ou Strasbourg pour profiter de cette avancée considérable, de ce premier téléphone mobile destiné aux urbains lancé à grand renfort de publicité par France Télécom. Encore aujourd’hui, dans ces villes, on trouve encore ces autocollants bleu, blanc, vert apposés sur les réverbères et les vitrines de magasin, signalant une zone Bi-Bop. L’idée était séduisante mais l’opération s’est révélée être un bide monumental.
Urbains en vue
En 1993, l’opérateur historique n’est pas prêt à proposer une offre à la norme GSM. Les ingénieurs de France Télécom ont alors l’idée de lancer le Bi-Bop, petit téléphone mobile qui utilise la norme CT2, comme alternative à la bonne vieille cabine téléphonique classique. Public visé : une clientèle urbaine qui, elle non plus, n’est pas prête à mettre la main au porte-monnaie pour un GSM, (considéré à l’époque comme signe extérieur de richesse) mais qui rechigne à prendre sa place dans les files d’attente des publiphones. On leur promet une qualité de communication aussi bonne, la norme audio utilisée pour la liaison étant la même que celle s’appliquant au réseau fixe. À domicile, le Bi-Bop peut d’ailleurs se transformer en téléphone sans fil ordinaire… à condition d’acquérir la base nécessaire.
Apple dans la place
Le second trimestre 1993, date de lancement, les débuts du Bi-Bop se révèlent encourageants. Quatre mille bornes sont installées dans Paris dont un millier pour desservir le quartier d’affaires de la Défense. Nom sympa, look convivial, poids plume et, argument principal, le prix ! Le terminal au look convivial est vendu 1 890 francs avec un abonnement mensuel à 54,50 francs assorti d’un coût de communication de 0,83 franc par minute. Rappelons qu’un abonnement GSM était à l’époque quatre fois plus élevé que l’offre France Télécom.
D’autres industriels, et non des moindres, semblent porter un regard bienveillant sur le berceau. Ainsi Apple adapte son Powerbook 180 qui devient un PowerBop, capable de se connecter sur le réseau, afin de recevoir ses fax en déplacement.
22 à Asnières, bis
Mais le Bi-Bop est aussi par nature sérieusement limité. Pour accrocher une ligne, il faut se situer dans une zone d’appel signalée. Pour recevoir un appel, c’est encore plus problématique. Pendant six mois, ce n’est tout simplement pas au menu… L’option Bi-Bop Réponse n’arrive qu’ensuite, tarifée. Il faut se trouver également dans les zones couvertes, d’où la quasi-nécessité de prévoir l’appel reçu. Inutile de dire qu’un Bi-bop a peu de chance d’en joindre un autre à l’improviste ni que la messagerie vocale est fortement sollicitée. Le passage d’une zone couverte à une autre est également impossible.
Bye-bye Bi-Bop
Les usagers se rendent rapidement compte des limitations du Bi-Bop face à la concurrence des GSM. Sur les 500 000 abonnés prévus pour la fin 1995, 200 000 manquent à l’appel. En 1997, France Télécom remercie par courrier les 46 000 résistants : « Vous faites partie des précurseurs, de ceux qui ont fait confiance à la téléphonie mobile » et leur offre un avoir de 500 francs sur leurs futures communications GSM Ola. À l’heure de la mondialisation des échanges, le Bi-Bop – qui relevait plus du talkie-walkie que du téléphone mobile – n’avait plus qu’à disparaître.
Lisa Terzy
Ça fait 15 ans qu'on entend la question. « Devine d'où je t'appelle ? » Sauf qu'il y a 15 ans, la diversité des réponses était bien moindre. Avec le Bi-Bop, l'ancêtre de notre GSM, la réponse était : « Je suis sous une borne, dans la rue. »






bref aujourdhui c’est 3 fois plus cher alors que ca devrait etre le contraire vu que la telephonie mobile c’est completement generalisée et donc n’est plus une nouveauté
vive l’euro
Typiquement un développement non durable. Quel gachi!
Je me rapelle avoir eue une offre bidon mais inférieure à 500 f qui m’a fait penser à un foutage de gueule et qui exclut france télécom de mes choix depuis 15 ans!
Au fait ont-ils nettoyé les rues de leurs bornes inutiles?
Le Minitel a eu plus de chance puisqu’il perdure encore. Je me souviens que les premiers avaient un clavier alphabétique et non azerty…
Minitel, bibop, aérotrain berthier, concorde,… autant d’innovations technologiques françaises qui ont ensuite été relayées par des succès internationaux forts.
Le côté misérabiliste n’est pas de mise. Cela prouvait aussi un sens de l’histoire car ici on peut dire qu’il y a eu anticipation de marché et que l’expérience acquise a fortement profité aux technologies suivantes.
A l’époque, on était plutôt fiers de faire partie du test, et le bibop avait un petit goût élitiste agréable.
On vous regardait téléphoner dans la rue et cela ne faisait pas ridicule d’être près d’une borne.
on oublie ici que des magasins étaient aussi équipés.
La remarque sur le « non durable » est si peu pertinente… ignorez-la.
dénigrant ? Oui, le parti n’était pas de tirer la gloire du Bi-bop, mais de là à dire que c’est dénigrant de simplement rappeler le contexte…
C’est clair que l’avance prise par la recherche de France Telecom grace au Bi-Bop a profité au GSM, si bien que la téléphonie mobile est un des rares domaines technologiques ou la France était en avance ! Je me souviens d’une démonstration de domotique aux USA ou la commande d’équipements domestique en étant loin de chez soi, à l’aide d’un téléphone analogique énorme (genre Radiocom 2000) était présenté comme le top de la technologie alors qu’en France on avait déjà des téléphones GSM miniatures !
Par ailleurs, un détail : le fait de pouvoir recevoir des appels après s’être fait reconnaitre par une borne était présenté dans la pub par France Télécom comme un possibilité intéressante pour les commerçants qui font les marchés. Il fallait y penser, c’est un marché (c’est le cas de le dire) de niche ! Je me souviens aussi que ca sentait la fin (et l’arnaque) quand le prix du terminal a été divisé par 2 du jour au lendemain (sans proposer une compensation à ceux qui en avaient acheté au prix fort dans les jours précédents) à grand renfort de pub, pour tenter d’écouler le stock avant que ça soit complètement dépassé !
J’ai un portable mobicarte que je gère au mieux en supprimant toutes les tentations de facilités … A savoir des SMS utiles et des coups de fil brefs nécessaires. Lorsque je veux « causer », j’attends d’être chez moi pour utiliser ma ligne téléphonique internet.
Bilan 100 euros maxi par an ….
Je ne suis pas le plus malin, mais j’essaye toujours de raisonner avant de plonger par obligation dans le système !
Maintenant si vous avez du fric en abondance …. pas de problème.
Bien à vous.
@brise :
Attention à la désinformation et aux idées reçues sur l’euro.
Le coût du GSM et des comm mobiles en général a bien très fortement baissé depuis les années 90, et non pas augmenté comme tu le dis.
En effet, aujourd’hui un téléphone basique te coûtera 1 euro (gratuit donc), chaque abonnement comprend des minutes de communications (à l’époque c’était un simple droit d’entrée qui t’imposait de payer en plus chaque minute consommée).
Bref, à service égal, donc sur la simple téléphonie, les prix se sont bien effondrés. Ce qui provoque une envolée des factures, ce sont les terminaux Hi-tech et tous les services associés, internet mobile, Mo de téléchargement, SMS par centaines… qui n’étaient pas proposés à l’époque.